Transformation à la ferme et technologies appropriées

Type de document
report
Langue source
Français
Titre français
Transformation à la ferme et technologies appropriées
Titre anglais
On-farm processing and appropriate technologies
Auteur(s)
  • DONI Selene
Editeur(s)
Autre(s)
Id
P8S9SGZA
Version
3261
Date ajout
18 janvier 2021 16:32
Date modification
12 avril 2021 17:22
Résumé français
Nous abordons la question de la transformation à la ferme par la seule et singulière entrée des technologies appropriées. Les savoir-faire de la transformation paysanne - les recettes, pour simplifier - sont dans le fond des technologies appropriées… immatérielles, ô combien précieuses. C’est une nécessité que de disposer d’un outil de travail adapté, personnalisé, tant l’art de la transformation alimentaire relève du sensible, du « bon goût », d’un délicat et fragile équilibre, source de perpétuels ajustements. Nous nous devons donc d’observer et comprendre pour ajuster la finesse de notre accompagnement. Cependant, la maîtrise paysanne des recettes n’est pas de notre périmètre, d’autres le font très bien. Que ce soit individuellement, ou dans le cadre de dynamiques collectives favorisant une approche de pair à pair, de co-apprentissage, de partages et colportages. La qualité et la diversité de notre alimentation sont des communs à protéger. Il est souvent question de taille. L’ultra-spécialisation du modèle agro-industriel des pays dits « développés », et de la France en particulier, acteur majeur de la situation mondiale, a progressivement rendu les technologies démesurées pour une agriculture à taille humaine. Le coût direct et indirect d’une technologie est étroitement relié à sa taille et à son degré de sophistication et détermine son (in-)accessibilité. L’industrialisation des technologies agricoles a été indispensable à l’industrie d’alimentation de(s) masse(s). Logiquement, l’industrialisation de la production des machines agricoles et plus précisément alimentaires a entraîné une double disparition de savoir-faire : au sein des communautés paysannes (dont les effectifs chutent par ailleurs) par la perte de maîtrise, et par la quasi-suppression des tissus artisanaux locaux, limitant les dynamiques locales. A l’instar des semences paysannes, longtemps étouffées par les semences industrialisées, les conditions de conception et d’adaptation constante des technologies paysannes ont été anéanties par les orientations successives des politiques agricoles. La production de petites séries (voire de pièces uniques) de « petites » machines, non rentables pour les orientations retenues, a quasiment disparu. Ce phénomène est particulièrement prégnant dans le secteur de la transformation à la ferme. Puisque la production agricole est transportable, la concentration et l’industrialisation des processus de transformation alimentaire sont importantes. Cette industrialisation est source d’extinction significative de la diversité des technologies à taille humaine. Les outils pour des productions locales, accessibles par les fermes raisonnablement dimensionnées, sont, à ce jour, trop rares. Cela empêche un retour massif de la valeur ajoutée dans les fermes, d’où elle n’aurait jamais dû (autant) sortir. La transformation radicale de nos modèles de production agricole et alimentaire passera donc obligatoirement par la réappropriation de la question technologique par les communautés paysannes : maîtriser les outils pour le faire. Cette réappropriation se construit par vagues d’explorations, d’expérimentations, de conceptions et adaptations sur le tas. Il y a des barrières de représentations (« je ne peux/sais pas faire », « c’est trop risqué », « on n’a pas le droit ») qu’il faut cependant franchir. Car la question alimentaire et, donc des outils et technologies pour transformer, est chargée : les scandales sanitaires ont quasi intégralement eu pour origine l’industrialisation de la production agricole ou de la transformation alimentaire. Alors qu’ironiquement, les normes deviennent presque exclusivement accessibles au seul modèle industriel de production, rapports de force aidant. Les normes implicites ou explicites, les représentations qu’elles génèrent ont, elles aussi (avec d’autres phénomènes) pour conséquence d’intimider les initiatives de conception paysanne de machines ou bâtis permettant la transformation et la valorisation locale des productions paysannes. Les initiatives d’innovation par les usages ne peuvent se multiplier que par l’émergence de dynamiques locales autonomes, adaptées donc viables. Cette publication souhaite mettre en valeur la réalité et l’effet levier de cette approche, par la présentation de quelques réalisations individuelles ou collectives de terrain. Ces extraits de chroniques sont réunis en un assemblage délibérément lacunaire sur la gamme et les fonctions, comme sur les filières représentées. L’idée était d’être suggestifs, pour que les initiatives et témoignages se multiplient. Donc réagissez, contribuez (et n’oubliez pas de déguster) ! Et fouillez encore en lisant les chroniques complètes (liens à suivre tout au long de cette publication), en observant bien d’autres technologies documentées, sur ce sujet de la transformation comme sur d’autres, sur notre forum ou notre site internet.
Résumé anglais
We address the issue of on-farm processing through the one and only input of appropriate technologies. The know-how of peasant transformation - the recipes, to simplify - are basically appropriate… intangible technologies, oh so precious. It is a necessity to have an adapted, personalized work tool, both the art of transformation food is sensitive, "good taste", a delicate and fragile balance, source of perpetual adjustments. We we must therefore observe and understand to adjust the finesse of our support. However, the peasant mastery some recipes are not within our scope, others are doing it very well. Whether individually, or as part of dynamics groups promoting a peer-to-peer approach, co-learning, sharing and peddling. The quality and diversity of our food are commons to protect. It is often a question of size. The ultra-specialization of the agro-industrial model of so-called "developed" countries, and of France in in particular, a major player in the global situation, has gradually made technologies disproportionate for low-cost agriculture. human size. The direct and indirect cost of a technology is closely related to its size and degree of sophistication and determines its (un) accessibility. The industrialization of agricultural technologies has been essential for the food industry of (s) masses). Logically, the industrialization of the production of agricultural machinery and more specifically food has resulted in double disappearance of know-how: within peasant communities (whose numbers are also falling) by the loss of control, and by the virtual elimination of local artisanal fabrics, limiting local dynamics. Like peasant seeds, long stifled by industrialized seeds, the conditions for the design and constant adaptation of peasant technologies have been annihilated by the successive orientations of agricultural policies. The production of small series (or even parts unique) of "small" machines, unprofitable for the chosen orientations, has almost disappeared. This phenomenon is particularly significant in the on-farm processing sector. Since agricultural production is transportable, the concentration and industrialization of food processing processes are important. This industrialization is a significant source of extinction of the diversity of technologies on a human scale. Tools for productions local, accessible by reasonably sized farms, are, to date, too rare. This prevents a massive return of the added value in farms, from which it should never have (so much) come out. The radical transformation of our production models agriculture and food will therefore necessarily go through the reappropriation of the technological question by the communities peasant women: master the tools to do it. This reappropriation is built by waves of explorations, experiments, designs and adaptations on the job. It there are representation barriers ("I can't / don't know how to do", "it's too risky", "we don't have the right") that we must however cross. Because the food issue and, therefore, tools and technologies to transform, is loaded: health scandals have almost entirely originated from the industrialization of agricultural production or food processing. While ironically, standards become almost exclusively accessible to the sole industrial model of production, balance of power helping. Implicit or explicit norms, the representations they generate also have (along with other phenomena) for consequence of intimidating peasant design initiatives for machines or frames allowing processing and development local farmer production. Innovation initiatives through uses can only multiply through the emergence of autonomous local dynamics, adapted therefore viable. This publication wishes to highlight the reality and the leverage effect of this approach, by presenting some individual or collective field projects. These extracts from chronicles are gathered in a deliberately lacking in the range and functions, as in the sectors represented. The idea was to be suggestive, so that initiatives and testimonies are multiplying. So react, contribute (and don't forget to taste)! And dig further by reading the full chronicles (links to follow all throughout this publication), by observing many other documented technologies, on this subject of transformation as on others, on our forum or our website.
Note
None
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06/2018
Date publication
1 juin 2018